L'usage du Monde, Nicolas Bouvier
Le Chemin le moins frequente, Scott Peck
Les aristocrates, Michel de Saint Pierre
Voyageurs excentriques, John Keay
Sur la route, Jack Kerouac
Les chemins de Katmandou, Barjavel
Tour du monde d'un sceptique, Aldous Huxley
A journey with Elsa Cloud, Leila Hadley
Les sept plumes de l'aigle, Henri Gougaud
Bangkok , le 11 decembre 2548 du calendrier bouddhiste.
Salut a tous !
Nous revoicis a
On vous embrasse,
Pierre & Marie
PS : pardonnez notre ignorance, nous ne savons pas qui represente le personnage de la photo ci-dessus, souvent present sur les bas-reliefs angkoriens. Il illustre a merveille le rictus khmer fige tant rencontre sur notre route.
PARCOURS
Passee la frontiere Lao-khmer, non sans avoir bakchiche les douaniers des 2 pays, nous avons fait une premiere etape a Kratie, puis sommes descendus a Phnom Penh, la capitale. Les bus publics et leurs incontournables karaokes cambodgiens nous ont ensuite menes sur la cote sud, a Kep, Kampot, Bokor, et Sihanoukville. Enfin, nous avons pu apprecier le nord-ouest du pays, avec Siem Reap et les sublimes temples d'Angkor, puis les villages flottants et Battambang, notre ultime etape avant le retour en Thailande.
L'AUBE AU BAYON
4h40. Le reveil sonne. Il est 22h40 en , un samedi soir, et vous n'etes pas prets d'etre couches, on vous connait ! Aujourd'hui nous partons a la decouverte d'Angkor, le site archeologique millenaire qui s'etend dans la jungle. Une centaine de temples au total, qui autrefois faisaient partie de grandes cites dont il ne reste rien. Il fait nuit noire, nous passons devant le Angkor Vat, l'edifice majeur, le symbole national, ou se pressent deja des centaines de touristes armes de torches pour y admirer le legendaire lever de soleil. On choisit une introduction plus solitaire, on garde PAYSAGES KHMERS
Le nord du Cambodge offre un spectacle terne (le long du Mekong). Les Chinois aident les Cambodgiens a construire la route qui mene au Laos. Et en retour les Chinois se payent en nature en exploitant les reserves forestieres. Ils deboisent donc des milliers d'hectares de terres. Les flancs de la route nous presentent donc leurs plaies, de veritables trouees lugubres. Puis, apres Kratie, en rentrant dans les terres et en s'eloignant du Mekong, tout change. On decouvre tout l'eventail des essences d'arbres et de cultures. Des immenses forets artificielles d'heveas plantes pour leur seve, des eucalyptus, des acacias, des palmiers aux troncs tres fins, tres elances et qui eclatent au sommet comme des fleurs d'artifice ; des cocotiers, des bananiers de toutes tailles, puis des rizieres a perte de vue, nous n'en avons jamais vu autant ! En Chine (dans la Chine que nous avons visite du moins), a Madagascar, au Laos, le relief capricieux n'autorise pas de si grands espaces. Mais le Cambodge, ''c'est plat'' comme dirait Obelix, alors on voit enfin ces etendues sublimes de rizieres que l'on pensait trouver partout en Asie et que l'on n’a vu nulle part. Il etait temps. Puis apparait la canne a sucre, le manioc, des tecks. Decidemment, il en pousse des richesses ici. Le bus s'arrete, le temps d'avaler une araignee, grosse comme une mygale. L'exotisme est triste, ce n'est pas vraiment une specialite ancienne, juste une habitude prise pendant la guerre lorsqu'il n'y avait plus rien a manger. Il fallait avoir vraiment faim, et nous aujourd'hui on goute ca pour la photo...desoles.
RICTUS KHMER
Le Cambodge etait autrefois appele ''le pays du sourire''. Puis il y a eu l'horreur. Le pays ne porte pas de stigmates trop visibles de la guerre. On ne voit pas les batiments cribles auquels les guerres telegeniques nous ont habitues. Pourtant on ressent sourdement l'horreur du regime khmer rouge. On la sent en tout et partout, tout pres, elle est tapie en silence, comme ces millions de mines qui attendent avec la certitude de l'emporter car elles ont la patience pour elles. Peut-etre est-ce parce que nous sommes contemporains de ce genocide que nous le ressentons tellement, maintenant qu'il n'y a plus la TV pour nous en proteger. Nous realisons que nous ne serions pas la aujourd'hui si nous avions ete Cambodgiens, parce qu'en 1977, au Cambodge, on ne naissait pas, on mourait. Entre 25 et 30% des Cambodgiens ont ete massacres entre 1975 et 1979. Alors le sourire khmer a laisse place aujourd'hui a un rictus qui imite un sourire. C'est un sourire force, pour se proteger. En Asie on n’aime pas bien montrer ses emotions alors on met un masque comme dans le theatre No. Une dame nous raconte en detail comment Pol Pot a massacre son mari, son fils, tout ca sans jamais se departir d'un grand sourire fige, glacial, en riant nerveusement. Sans transition elle nous parle de sa maisons d’hotes qui ON A AIME :
Angkor : Le highlight du Cambodge. Sublime meme quand on s'y attend, meme si ce ne sont pas les temples les plus courus que nous avons prefere. Encore mieux a 5h du matin seuls dans la nuit au milieu d'un temple, au milieu des bruits et des cris de la foret.
Le trajet en bateau ente Siem Reap et Battambang sur le lac Tonle Sap : Au milieu des villages flottants et entre les rives de la riviere Sangker. 6h de bonheur.
Les rizieres : Les plus belles que nous ayons vu en Asie et les seules avec quelques unes au a etre dignes de ce nom.
L'atmosphere paisible de Battambang. Les sourires des enfants.
La salade de papaye verte quand elle n’est pas trop epicee.
Les dauphins d'eau douce de Kratie en voie d'extinction et qui auront bientot disparus.
ON N’A PAS AIME
Les paysages du nord et la deforestation.
Sihanoukville et ses plages betonnees, guest-houses toutes tenues par des Europeens. Sorties snorkelling au dela du ridicule a prix exhorbitant.
La facette malsaine de Les prix incoherents entraines par une augmentation recente, rapide et non maitrisee du tourisme.
Les hotels et la deco chinoise qui hesitent entre le kitsch indien, la bonbonniere anglo-saxonne et le cache-misere malgache.
Les pratiques attrape-touriste malhonnetes... mais on s'est bien defendus !
Pierre pierrecuve@yahoo.fr et Mele meuleu@yahoo.com 2005-2006
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